25 avril 2006

Roustem et Souhrab, conte persan

"Je suis venu comme l'éclair, je disparais comme le vent..."

Ainsi meurt Souhrab. Après avoir livré combat contre son propre père.

"...Et Roustem, en le regardant, connut la crainte. Mais il empoigna Souhrab (celui dont les lèvres étaient pleines de sourires) de toute sa force retrouvée et le secoua terriblement. Et bien que Souhrab lui rendit ses attaques, l'heure de sa défaite était arrivée. Car Roustem le prit par la ceinture, le projeta contre terre et lui brisa le dos comme un roseau. Puis il tira son épée pour lui trancher la tête. Souhrab compris que c'était la fin. Il poussa un grand soupir et dit:

-"Ce qui est arrivé est arrivé par ma faute, et maintenant ma jeunesse sera un sujet de moquerie parmi les hommes. Mais je ne suis pas venu pour chercher une vaine gloire. Je suis venu pour chercher mon père, car ma mère m'avait dit à quels signes je le reconnaitrais, et le désir de le voir m'a couté la vie. Il ne m'a pas été donné de contempler son visage. Pourtant je vous le dis, quand bien même vous deviendriez un poisson qui nage aux profondeurs de l'océan, quand bien même vous vous changeriez en une étoile cachée au plus haut du ciel, mon père vous en tirerait pour venger sur vous ma mort. Car mon père est Roustem le Pehliva, et il apprendra que Souhrab son fils est mort en le cherchant."

Quand Roustem entendit ses mots son épée tomba de sa main. La terre s'assombrit devant ses yeux, et il s'écroula sans vie à côté de son fils. Mais au bout d'un moment il revint à lui. Alors il dit à Souhrab:

-" Avez-vous un signe de Roustem afin que je puisse reconnaître que les paroles que vous dites sont vraies? Car je suis Roustem l'infortuné, que mon nom soit à jamais rayé des listes humaines!"

Souhrab l'entendit, et sa douleur fut immense.

-"Si vous êtes réellement mon père s'écria t'il, vous avez donc souillé votre épée dans le sang de votre fils! Et c'est là l'effet de votre obstination. Car j'ai essayé de vous inspirer de l'amour et je vous ai supplié de me dire votre nom. Mais j'ai fait appel en vain à votre coeur, et maintenant il n'est plus temps pour nous d'être réunis. Cependant , ouvrez mon armure et regardez le bijou que j'ai à mon bras. C'est un onyx qui a été donné par mon père comme signe auquel il me reconnaîtrait."

Extrait d'un conte persan que j'aime beaucoup. Issu du livre "Mythes et légendes" paru aux éditions des deux coqs d'or. J'ai reçu ce livre en cadeau à l'âge de 11 ans et il ne m'a pas quitté depuis plus de trente ans.

Ce conte n'a pas de "happy end" comme beaucoup de contes "modernes", pas de "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" (encore heureux puisqu'il s'agit d'un père et de son fils!!). Ici les héros meurent en héros de tragédie. Souhrab est trahi par l'un de ses proches qui ne lui révèle jamais le nom de l'homme qu'il combat trois jours durant. Il y a aussi deux portraits de femme fameux. Tahmineh, l'épouse de Roustem, qui décide de se présenter sans voile au héros qu'elle a choisit d'épouser. Et surtout Gourdafrid, l'impétueuse cavalière "habituée à la selle", l'indomptable princesse qui résista en combat singulier à Souhrab. Par une ruse bien féminine, elle le roulera et il quittera le pays furieux en se jurant de revenir  la vaincre. Il n'en aura pas le temps...

persepolismedia

Posté par DorianeGray à 16:20 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Roustem et Souhrab, conte persan

    "Je suis venu comme l'éclair, je disparais comme le vent" j'aime cette phrase. Je ne connais pas ce conte et tu m'as donné envie de le lire.

    Bises amie Théo

    Posté par neurhone, 25 avril 2006 à 21:02 | | Répondre
  • Bonjour Nico

    J'espère que tu pourras le trouver. J'ai fait des recherches sur le net et je n'ai rien trouvé le concernant...il faudrait que j'essaie de scanner mon vieux livre.

    J'aime beaucoup les contes et légendes de tous pays. Du Niebelungen au monstre du Drac. Et Roustem et Souhrab est l'un de mes préférés.

    Bisous

    Posté par Théo, 25 avril 2006 à 21:40 | | Répondre
  • Théo, je vais essayer de le trouver à la blibliothèque car je tiens vraiment à le lire.

    Bisous

    Posté par neurhone, 26 avril 2006 à 13:31 | | Répondre
  • Théo, il me semblait avoir apercu un beau poème, je venais le relire et il a disparu ... dommage.

    Bises à toi

    Posté par neurhone, 27 avril 2006 à 21:09 | | Répondre
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